6ème Journée Européenne de Sensibilisation à l’Arrêt Cardiaque et remise d’une proposition de loi (PPL)

Hugues Renson et Jean-Charles Colas-Roy, député de l’Isère, se sont retrouvés il y a un an jour pour jour autour d’un sujet commun :  la lutte contre l’arrêt cardiaque inopiné, (également appelé mort subite) lors d’une conférence organisée à l’occasion de la 5ème Journée Européenne de Sensibilisation à l’Arrêt Cardiaque, en présence de David Ginola, ancien attaquant du Paris Saint-Germain victime d’un arrêt cardiaque inopiné en 2016.

Un an plus tard, les deux députés ont remis une proposition de loi au Président du Groupe LaREM, Gilles le Gendre.

 

Une cause de mortalité dix fois plus importante que les accidents de la route

Aujourd’hui, l’arrêt cardiaque inopiné (ou mort subite de l’adulte), moins connu que celui du nourrisson, est responsable d’environ 40 000 à 50 000 décès par an. L’arrêt cardiaque inopiné représente 9% des causes de décès chaque année en France, soit une cause de mortalité 10 fois plus importante que les accidents de la route.

Un tiers des victimes ont moins de 55 ans et près de 800 cas de mort subite par an surviennent lors de la pratique d’une activité sportive : 400 dans une enceinte sportive (ex : stade, gymnase) et 400 en dehors d’une enceinte sportive (ex : au cours d’un jogging en plein d’air par exemple) ;

Sur certaines parties de leurs territoires, les pays anglo-saxons et scandinaves présentent un taux de survie de 20 à 40% des victimes d’un arrêt cardiaque inopiné contre seulement 3 à 4 % en France, en raison d’un manque crucial de connaissance des comportements qui sauvent (65 % des français ignorent en effet quels sont les gestes qui sauvent).

En France, les secours mettent en moyenne 13 minutes accident (10 minutes en moyenne à Paris) à se rendre sur le lieu d’un accident : dès lors, le citoyen est le seul acteur à pouvoir agir.

De plus, 70% des arrêts cardiaques se passent devant des témoins et à peine 20% de ces témoins réalisent les gestes qui sauvent :

  • 80% des survivants d’un arrêt cardiaque inopiné le sont car un témoin a fait les bons gestes dans les 3 minutes ;
  • Lors d’un arrêt cardiaque inopiné, pour chaque minute qui s’écoule sans pratique du massage cardiaque, ce sont 10% de chance de survie en moins pour la victime ;
    • Au-delà de 3 minutes sans massage, les lésions cérébrales sont généralement irréversibles ;
    • Au-delà de 4 minutes, la défibrillation est sans effet ;
    • Au bout de 10 minutes, la victime n’a quasiment aucune chance de survie.

Face à cet enjeu pourtant méconnu de santé publique, Hugues Renson et Jean-Charles Colas-Roy ont choisi de travailler ensemble sur une proposition de loi (PPL) visant à lutter contre la mort subite et à mieux sensibiliser l’ensemble de la population aux gestes qui sauvent.

Un an de travail et une trentaine d’auditions

Après plusieurs mois d’entretiens avec les professionnels de santé, les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile engagés sur le sujet, les deux députés ont souhaité associer leurs collègues de la majorité en proposant la création d’un groupe de travail lors de la réunion de groupe LaREM du 17 juillet 2018.

Au total, une trentaine d’acteurs ont été auditionnés. Ces auditions ont conduit à la rédaction d’une proposition de loi remise en mains propres au Président du Groupe LaREM, Gilles le Gendre, le jeudi 18 octobre à l’occasion de la 6ème Journée Européenne de Sensibilisation à l’Arrêt Cardiaque.

Former 80% de la population aux gestes qui sauvent d’ici la fin du quinquennat

Tous les acteurs du monde médical et les acteurs de la société civile engagés sur cette thématique ont insisté sur le fait qu’une grande vague de solidarité a conduit les citoyens à vouloir se former aux gestes qui sauvent à la suite des attentats de janvier et novembre 2015 et du 14 juillet 2016. Cet élan de solidarité est toutefois plus profond.

Depuis les attentats de 2015 et 2016, une vague de solidarité a conduit les citoyens à vouloir se former aux gestes qui sauvent. Depuis ces évènements, de plus en plus de citoyens se portent volontaires pour venir en aide aux victimes en se déclarant sur les nombreuses plateformes existantes (Sauvlife, StayingAlive, Permis de Sauver, Premiers Répondants…). Ce texte, part de ce postulat et poursuit plusieurs grands objectifs :

    • Créer un statut de « citoyen sauveteur » afin de protéger le citoyen venant en aide aux victimes d’un arrêt cardiaque inopiné
    • Former 80% de la population aux gestes qui sauvent d’ici la fin de quinquennat comme le recommande le rapport Pelloux-Faure du 20 avril 2017. Le gouvernement s’y est également engagé dans le cadre du volet prévention de la stratégie nationale de santé 2018-2022.
    • Faire passer le taux de survie des victimes de l’arrêt cardiaque inopiné de 3 à 10% d’ici dix ans, ce qui correspond à 3 000 vies sauvées par an.
    • Diminuer de 800 à 200 le nombre de morts subites survenant lors de la pratique sportive, notamment dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.
    • Renforcer les sanctions pénales en cas de vol, destruction, dégradation ou détérioration des défibrillateurs.

Une initiative qui ne s’arrête pas au texte législatif

Le texte aurait pu contenir d’autres dispositions, telles que la création d’un numéro vert permettant au citoyen sauveteur de bénéficier d’un soutien et d’un suivi après avoir agi pour sauver une vie. Il aurait également pu présenter des dispositions relevant d’un plan de communication national, à destination du grand public (spots publicitaires, clip d’information à diffuser dans les lieux d’attente, etc.).  Ces dispositions n’étant pas d’ordre législatif, elles seront définies dans le plan d’action qui sera présenté au moment de l’adoption du texte.