Conférence « Regards croisés sur l’urgence climatique » en présence de Greta Thunberg

[Discours de Hugues Renson – Mardi 23 juillet 2019]

Madame la Ministre,

Madame l’Ambassadrice de Suède, Veronika Wand-Danielsson

Madame la co-présidente du Giec, chère Valérie Masson-Delmotte

Mesdames et Messieurs les députés, mes chers collègues,

Chère Greta Thunberg,

Mesdames et Messieurs,

Mes chers amis,

Au nom de l’Assemblée nationale, au nom de son Président Richard Ferrand, je vous remercie toutes et tous chaleureusement d’avoir accepté l’invitation qui vous a été adressée de venir discuter des actions que nous devons prendre, en France comme partout dans le Monde, dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

Cet événement qui nous réunit aujourd’hui est porteur de sens. Il a été rendu possible grâce au travail du Collectif Accélérons, qui réunit 162 députés de toutes sensibilités. Il est le signe que la question environnementale concerne chacun, et qu’elle est désormais l’affaire de tous. Et j’en profite pour remercier Matthieu Orphelin pour tout ce qu’il fait depuis 2 ans à l’Assemblée Nationale pour initier cette dynamique, pour mettre en place ce collectif transpartisan et pour organiser cette rencontre aujourd’hui.

Depuis quelques jours, beaucoup a été dit sur cette conférence. Certains chercheraient même à en faire un sujet de polémique. Une polémique au fond tout à fait dérisoire au regard des enjeux.

Chère Greta Thunberg,

Depuis plus d’un an, votre action inspire la jeunesse mondiale. Cette mobilisation exceptionnelle, c’est celle d’une génération, une génération qui aura à vivre le monde de 2050. C’est une mobilisation qui éveille les consciences et qui se démultiplie aux quatre coins de la planète. Et je veux saluer Ivy-Fleur Boileau, Virgile Mouquet et Alicia Arquetoux, jeunes militants qui représentent aujourd’hui l’association Youth For Climate, ainsi que toutes les autres associations de jeunes engagés qui nous font aujourd’hui l’honneur de leur présence dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale (CliMates, Manifeste étudiant pour un réveil écologique, Notre Affaire A Tous, REFEDD, Together for Earth, WARN)

Cette mobilisation de la jeunesse, à l’échelle de la planète, est sans précédent.

Elle a permis de réveiller une classe politique qui n’avait pas fait assez, jusqu’à présent, pour la transition écologique.

Cette mobilisation de la jeunesse, de par le monde, nous oblige. Elle nous met face à nos responsabilités. Peut-être même aussi face à nos propres contradictions.

Nous vivons un moment charnière. Un moment décisif parce que les dérèglements climatiques ne sont plus une éventualité, une hypothèse, c’est désormais une réalité. Mais aussi un moment de bascule :  Chacun prend conscience de la gravité de la situation. Nous ne pouvons plus attendre.

Il y a urgence. Urgence à agir. Urgence à mettre en place un nouveau modèle, durable. Urgence si nous voulons atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Chercher des fautes ou pointer des responsabilités ou des défaillances ne suffit plus. Le temps est désormais à chercher, collectivement, des solutions et des remèdes.

Ici, en France comme partout ailleurs, l’écologie doit devenir une priorité absolue.

Les grands discours, les pétitions de principe ou les accords internationaux ne suffisent plus. Il convient désormais d’amplifier nos actions et se tourner vers une écologie du quotidien, une écologie de terrain, prise en compte dans tous les aspects de nos vies, et intégrée dans toutes nos politiques publiques, nationales ou locales. C’est aussi le sens de l’urgence écologique et climatique que nous avons voté le mois dernier au Parlement dans le Projet de loi énergie climat.

Mesdames et Messieurs, Mes chers Amis,

Cette journée, placée sous le thème des « Regards croisés sur l’urgence climatique » est une occasion unique. Une occasion qui nous permet une rencontre rare entre trois points de vue différents sur une seule et même urgence :

  • Le regard de la jeunesse d’abord, celle qui se mobilise et éveille les consciences;
  • Le regard des scientifiques d’autre part qui nous informent, qui nous alertent et qui étayent nos craintes par des éléments objectifs, incontestables ;
  • et le regard de députés enfin, élus et représentants du peuple. Ce sont eux qui ont la capacité d’agir. C’est à nous qu’il appartient désormais de changer les choses.

Et je conclurai, dans cette salle Victor Hugo, en citant Victor Hugo.

Victor Hugo écrivait dans ses Carnets : « C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas ». Et bien la nature, nous avons décidé de l’écouter. Tous ensemble.

Je vous remercie

Hugues Renson