Incarner des valeurs, défendre ses convictions, choisir ses alliés.

Les élections municipales suscitent traditionnellement les mêmes interrogations et les mêmes polémiques concernant les alliances et les ralliements. Et les échéances de mars prochain n’échapperont pas à la règle.

A fortiori avec la présence de la République en Marche, née précisément de la volonté de recomposer notre vie politique.

Alors comment construire des rassemblements utiles, efficaces, mais surtout sincères ?

Pas plus qu’il n’est dans notre ADN de pratiquer le caporalisme dans nos rangs, pas plus nous ne devons participer à la diabolisation de celles et ceux qui, venus d’horizons variés, se proposent de construire à plusieurs l’avenir de leur ville.

Le sujet n’est donc pas celui des ralliements individuels. Le sujet est celui de la cohérence politique.

Je le dis à mes amis parisiens : avancer à plusieurs, cela nécessite de la clarté. Cela suppose aussi de la cohérence sur notre projet progressiste. Attirer des ambitions, des talents, des personnalités dont nous ne partageons ni le parcours politique ni les origines partisanes, ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est une force.

Mais cette démarche doit-elle se construire au détriment de la cohérence politique ? Je ne le crois pas.

Construire un rassemblement ne peut se faire à n’importe quel prix. On ne peut avancer avec d’autres qu’à la seule condition de partager des convictions et une vision pour Paris.

Tournées autour de l’écologie, des solidarités et du renouveau démocratique, les miennes sont résolument progressistes.

Alors avec qui avancer et construire ?

Est-il possible de mener l’indispensable transition écologique avec des pourfendeurs des énergies renouvelables, qui s’opposent avec constance à la réduction de la place de l’automobile à Paris et à la piétonisation des quais de Seine ?

Est-il possible de bâtir une ville pour tous, inclusive et respectueuse des diversités, avec des alliés qui ont régulièrement démontré leur volonté de distinguer, en droits – droit de se marier, de fonder une famille-, nos concitoyens selon leur orientation sexuelle ?

Est-il possible de développer une ambition sociale et d’envisager une répartition plus juste de l’offre de logement social ou des centres d’accueils de migrants avec des élus dont la cohérence en la matière a toujours consisté à s’opposer à des projets dans leur arrondissement ?

Est-il possible de mener une politique de logement pour tous avec des opposants à l’encadrement des loyers que le gouvernement a pourtant rétabli il y a quelques semaines ?

Tous les Marcheurs le savent : notre engagement collectif est le fruit d’évolutions et de cheminements individuels.

Nous nous sommes, pour nous rejoindre, affranchis des formations partisanes.

Pourquoi ? Parce que nous partagions, au fond, le même socle de valeurs et de convictions. Cette convergence, nous l’avons réalisée sur la base claire d’un contrat – le projet présidentiel d’Emmanuel Macron, puis sa déclinaison législative.

Mais qu’est ce qui définit, désormais, le progressisme ? S’il est difficile d’être exhaustif, il existe à l’évidence un socle de convictions qui nous réunissent : le refus de la stigmatisation et la lutte contre toutes les discriminations, le respect de l’autre et de la différence, le volontarisme écologique, l’attachement à une diversité sociologique sans laquelle Paris ne serait plus Paris, le soutien à la création culturelle, la participation à un accueil des plus démunis respectueux de la dignité.

A l’approche des municipales, il existe aujourd’hui un risque : le risque que notre combat pour des convictions avec lesquelles nous ne devrions pas transiger s’efface au profit d’un casting aussi attrape tout que confus.

N’abandonnons pas notre projet progressiste pour des alliances tristement électoralistes, bancales, qui suscitent du trouble et de l’incompréhension.

Ne renonçons pas à faire de la politique différemment.

Et gardons en tête que s’il existe une opposition aux progressistes, c’est bien celle des conservateurs. Rien ne serait pire pour Paris que l’abandonner au conservatisme.

Hugues Renson