Le Figaro – Municipales à Paris : Hugues Renson s’organise

Publié le 6 avril 2019 – Par Mathilde Siraud

L’ex-chiraquien devenu LREM travaille à la constitution d’un «arc progressiste» dans la capitale. Déterminé, il pourrait, après Villani, Mahjoubi et Griveaux entrer dans la course interne à l’investiture.

Après Cédric Villani, Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux, Hugues Renson pourrait à son tour entrer dans la course interne à l’investiture La République en marche pour les municipales à Paris. Contrairement à ses futurs concurrents, le vice-président de l’Assemblée nationale n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature. Mais il semble déterminé. «Je me prépare. Mais une candidature est un aboutissement, pas un préalable», confie l’ancien conseiller de Jacques Chirac. L’élu du XVe arrondissement attend la fin des élections européennes pour se prononcer. Car le scrutin du 26 mai est pour lui une «priorité», au même titre que la «sortie du grand débat et la pacification de la ville après vingt samedis de manifestations».

Le macroniste prépare une tournée des capitales européennes. Début mai, le parlementaire se rendra à Amsterdam, à Berlin ou encore à Athènes, pour aborder la question de la lutte contre la pollution ou de l’accueil des réfugiés. En parallèle, chaque semaine depuis septembre, il réunit une quinzaine de proches pour affiner sa stratégie. Un groupe de travail informel baptisé «projet Étienne Marcel» – du nom du prévôt des marchands de Paris du XIVe siècle, figure de l’opposition au pouvoir central – composé de conseillers ministériels, de juristes, de chefs d’entreprise, de communicants et de militants.

Issu de la droite, Hugues Renson s’est pourtant fait remarquer au sein de la majorité en défendant des convictions sociales, quitte à apparaître comme une voix critique vis-à-vis de l’exécutif

«Avec l’émiettement des forces politiques, il y a un vrai risque d’ingouvernabilité dans la capitale», met-il en garde, anticipant des triangulaires, voire des quadrangulaires dans certains arrondissements. L’émergence de LREM à Paris bouscule le PS et Les Républicains. En plus, d’autres forces de gauche comme LFI et des «aspirations nouvelles» hors parti, à l’image de Gaspard Gantzer et de Pierre-Yves Bournazel, se positionnent. À partir de ce constat, Hugues Renson travaille à la constitution d’un «arc progressiste». «Paris ne se gagnera pas par un parti politique, mais au-delà, détaille-t-il. Il faut donc construire des dynamiques de convergences pour faire venir à nous une majorité qui dépasse les simples frontières du parti du président.»

D’où la création d’une plateforme participative, «Et si… Paris?», sur laquelle différentes personnalités ont apporté leur contribution, à l’image du footballeur David Ginola, du fondateur du Samu social Xavier Emmanuelli, ou encore de l’ex-président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré. La fille de l’ancien président de la République Claude Chirac doit, elle aussi, participer à cette plateforme.

Issu de la droite, Hugues Renson s’est pourtant fait remarquer au sein de la majorité en défendant des convictions sociales, quitte à apparaître comme une voix critique vis-à-vis de l’exécutif. Fervent défenseur de la PMA, le vice-président de l’Assemblée s’est abstenu début février sur la proposition de loi anticasseurs et appelle régulièrement à ne pas perdre de vue la «promesse originelle» de LREM. Pour sortir du grand débat, l’élu appelle à un «nouveau projet social», à travers plus de justice fiscale et sociale, à la «régénération de la démocratie» et à plus d’écologie. Pour Paris, il souhaite une meilleure qualité de vie, faire en sorte que le coût de la vie soit moins «prohibitif», notamment en matière d’immobilier, et revoir le rôle de la municipalité.

Avant d’arrêter son choix, probablement au début du mois de juin, Hugues Renson consulte. «Ça s’agite beaucoup, notamment du côté des anciens juppéistes», croit savoir un conseiller de Paris issu de la droite. Plutôt favorable à la candidature de Benjamin Griveaux, cet élu va observer attentivement la démarche de l’ancien chiraquien. «Mais se déclarer après les européennes, c’est beaucoup trop tard», regrette-t-il. La commission nationale d’investiture de LREM doit en effet désigner son candidat courant juin. «En 1977, d’Ornano s’est déclaré candidat deux mois avant Jacques Chirac!», s’amuse Hugues Renson, bien décidé à prendre son temps.

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