Le Monde – “A Paris, on est en train d’oublier la promesse originelle d’En marche !”

Publié le 29 Mars 2019 – Propos recueillis par Denis Cosnard Pour le vice-président LRM de l’Assemblée, les départs du gouvernement de Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi accélèrent le calendrier politique de façon désolante.Hugues Renson, député de Paris et vice-président de l’Assemblée nationale, fait partie des six personnalités de La République en marche (LRM) qui s’étaient déclarées intéressées par une éventuelle candidature à la mairie de Paris. Il est toujours sur les rangs, et déplore la façon dont les départs de Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi du gouvernement précipitent la bataille municipale.

Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi ont quitté le gouvernement pour se consacrer à Paris. La campagne des municipales est-elle ouverte ?

A Paris, on assiste à une accélération désolante. Je regrette la façon dont on précipite le calendrier politique. Aujourd’hui, le temps des municipales n’est pas venu. Les élections n’auront lieu que dans un an ! Les priorités du moment sont la sortie du grand débat que nous avons nous-mêmes provoqué, et les élections européennes, d’autant que l’Europe est un sujet majeur pour notre parti. Dans ce moment clé, est-ce qu’un seul Parisien peut se réjouir que deux ministres sortent du gouvernement pour se consacrer à leur précampagne interne ? On est en train d’oublier la promesse originelle d’En marche !, celle de faire de la politique autrement. Les Français, les Parisiens, attendent autre chose de nous. Notamment de pacifier la capitale, qui vit plus ou moins depuis dix-neuf semaines en état de siège, avec les manifestations tous les week-ends.

Vous-même, envisagez-vous toujours de vous lancer dans cette bataille municipale ?

Ce n’est pas un secret, je réfléchis à une candidature. J’ai lancé une démarche exploratoire, avec un site internet, « Et si Paris », qui a déjà recueilli les contributions de David Ginola, Xavier Emmanuelli, ou encore Jean-Louis Debré. Je rencontre des commerçants, des artisans, des responsables associatifs, etc. La gesticulation actuelle tend à renforcer ma détermination, mais je ne dévie pas de mon cap. Je me déterminerai au lendemain des élections européennes, en fonction de la situation politique. Chaque chose en son temps !

Vous risquez d’arriver très tard par rapport aux autres candidats à la candidature de La République en marche…

Comment imaginer que les Français vont nous faire confiance si nous entrons dans cette logique politicienne là ? En outre, il n’y a pas qu’En marche !. Je suis convaincu que Paris ne peut pas se gagner par un seul parti politique, fût-il celui du président de la République. Compte tenu de l’éclatement des forces, du risque d’émiettement, une alliance est nécessaire. Et pas au soir du second tour ! L’enjeu consiste à aller au-delà d’En marche !, à créer avant l’élection un rassemblement dont En marche ! serait un des piliers.

Sur quel programme pourrait se nouer une telle alliance ?

Nous devons proposer des réponses aux Parisiens sur deux grands thèmes. Le premier est la qualité de la vie : la propreté, la pollution, etc. Le deuxième thème concerne le coût de la vie à Paris, qui est devenu prohibitif, et fait que la ville se vide, se gentrifie, devient un espace réservé à quelques privilégiés. Sur tous ces sujets, En marche ! a entamé un travail de grande qualité. Mais il doit être confronté à d’autres réflexions, celles de Gaspard Gantzer et de Pierre-Yves Bournazel, par exemple, pour construire des propositions collectives, et créer une dynamique.

A lire sur Lemonde.fr