Le Parisien – Municipales à Paris : pour Hugues Renson, En Marche ne peut pas gagner seul

Publié le 24 mars 2019 – Propos recueillis par Valérie Hacot

Hugues Renson, député LREM de Paris, songe à s’engager, lui aussi, dans la bataille municipale dans la capitale pour 2020.

A un an des municipales, ça se bouscule à Paris chez LREM. Déjà deux « gros » candidats déclarés, le député mathématicien Cédric Villani et le secrétaire d’Etat en charge du Numérique Mounir Mahjoubi, et un autre poids lourd à venir : le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Tandis que d’autres ont des fourmis dans les jambes. Un an avant le scrutin, les esprits sont déjà en surchauffe. Et les tensions entre les candidats très vives.

En attestent les épisodes des semaines précédentes : un sondage payé par En Marche où seul Benjamin Griveaux est testé, ou encore l’hypothèse d’une investiture du candidat avant les Européennes, évoquée par Stanislas Guerini – une idée défendue par le porte-parole du gouvernement – ont mis le feu aux poudres. Les autres postulants, furax, se sont émus d’un risque de verrouillage en faveur de Griveaux… Une réunion à l’état-major du parti a même été convoquée la semaine dernière pour calmer le jeu.

Mais le climat devrait rester électrique, et tous les candidats, déclarés, ou non, attendent désormais fébrilement les résultats d’un premier sondage test sur Paris.

Hugues Renson, ancien proche collaborateur de Jacques Chirac rallié très tôt à Emmanuel Macron, désormais vice-président de l’Assemblée nationale, n’est pas encore rentré dans la course… mais s’y prépare activement.

Certains candidats dénoncent, chez LREM, un verrouillage en faveur de Benjamin Griveaux. Et vous ?

Hugues Renson. Je n’y crois pas. D’abord parce qu’il n’y a aucune candidature naturelle. Mais aussi parce que les candidatures imposées ont toujours échoué à Paris.

LREM a organisé une réunion avec les postulants à la mairie de Paris pour calmer les esprits. Vous en êtes sorti rassuré ?

Cette réunion était indispensable parce qu’avant de rentrer dans un jeu, il faut en fixer les règles. Ces règles doivent être transparentes, ouvertes, éthiques. Dans un parti moderne, il ne saurait en être autrement. On a avancé sur un certain nombre de points : il n’y aura pas de primaires et le candidat sera désigné par une commission d’investiture nationale, donc pas spécifique à Paris. Et le choix se fera après les européennes.

Griveaux plaidait pour une désignation du candidat avant les européennes…

Dans un contexte politique aussi lourd – entre crise des Gilets jaunes, Brexit, et risque du nationalisme en Europe – nous avons mieux à faire que de nous lancer dans la campagne municipale à Paris un an avant l’élection. Si on n’arrive pas à sortir de la crise des Gilets jaunes, on ne sera ni audible, ni crédible. Ma position est simple : faisons les choses dans l’ordre.

Quand comptez-vous vous déclarer ?

Je me déterminerai sur une éventuelle candidature au lendemain des européennes. Précipiter la campagne municipale, ce serait négliger le scrutin européen et ce serait une approche très politicienne. Or, l’ADN d’En Marche, c’est le combat pour l’Europe.

Sans alliance, point de salut pour En Marche à Paris ?

Avec cette multiplication de déclarations de candidatures, toutes formations confondues, je vois émerger un risque : que Paris soit ingouvernable. Aucun parti ne sera en mesure de gouverner seul. Paris doit se gagner au-delà des partis, y compris celui auquel j’appartiens.

Vous allez demander à LREM de nouer des alliances durant la campagne avant le premier tour ?

Il n’y a jamais eu autant de forces politiques en présence. Celles de l’ancien monde, qui sont toujours très ancrées, et celles du nouveau : LREM, la France insoumise, l’initiative de Pierre-Yves Bournazel, celle de Gaspard Gantzer. Du coup, il y a un vrai éparpillement. Tout cela doit nous faire réfléchir. Nous devons construire des solutions nouvelles et concrètes. Notre ambition doit être d’améliorer la qualité de vie des Parisiens – la propreté, la sécurité… – et de réduire les coûts de la vie à Paris. La responsabilité de LREM, c’est d’animer un large arc progressiste pour pouvoir répondre à ces questions.

Un sondage place les candidats En Marche dans un mouchoir de poche derrière Anne Hidalgo…

Soyons prudents avec les sondages à un an d’une élection, et c’est un homme qui a soutenu Chirac en 1995 et Macron en 2017 qui vous le dis ! Ce que je retiens de ce sondage, c’est que personne ne s’impose. Probablement parce que les Parisiens sont en attente d’autres perspectives.

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