Le Parisien – Tribune : « La capitale mérite mieux qu’un Hidalgo bashing »

Dimanche 9 juin 2019

Dans une tribune au Parisien – Aujourd’hui en France, Hugues Renson, candidat à l’investiture LREM pour la mairie de Paris, appelle ses adversaires à apporter des réponses et propositions concrètes aux Parisiens.

Hugues Renson est député de paris, vice-président de l’Assemblée Nationale

« En finir avec les confrontations systématiques, voilà ce qui a construit le succès d’Emmanuel Macron. Mais alors que le chapitre municipal s’ouvre à peine, je crains que se dissipe l’originalité de notre approche et que les Parisiens soient relégués au rang d’observateurs d’un combat politicien qui ne serait pas à la hauteur.

Il y a en effet assez de motifs de critiques légitimes envers la municipalité sortante pour ne pas succomber à la facilité de la polémique. Quand le compte n’y est pas, comme sur la propreté, les travaux, la lutte contre la vie chère à Paris, disons-le, et portons des propositions crédibles. Mais quand des solutions conformes à nos préconisations sont mises en œuvre — même avec retard —, pourquoi devrions-nous les critiquer ? Ne tombons pas dans la facilité ou la caricature. Ne cherchons pas à faire feu de tout bois, au risque de perdre toute crédibilité.

Il en va ainsi de la police municipale. Même tardive, sa création est d’autant plus positive que la maire défie l’opposition idéologique d’une partie de sa majorité. La sécurité est un enjeu majeur pour les Parisiens. Saluons l’avancée, et travaillons à ce que son déploiement bénéficie à tous les quartiers, notamment aux plus exposés. Il en est de même de l’abandon à Ménilmontant d’un projet d’aménagement contesté par les riverains, ce qui permettra de conserver un espace de respiration dans un quartier qui en a tant besoin. Plutôt que faire la fine bouche, réfléchissons aux moyens de mieux associer, demain, les Parisiens aux décisions. Je propose de remplacer la gestion inefficace par arrondissements par une gestion effective et participative par quartiers. Revivifier les conseils de quartier, donner le pouvoir aux Parisiens d’agir sur leur cadre de vie, voilà les défis !

Quand Total est écarté du sponsoring des Jeux olympiques, plutôt que de sortir l’artillerie lourde — au risque d’utiliser des arguments faux qui décrédibilisent toute légitime interrogation —, sachons poser les vrais enjeux : comment éviter que de telles décisions soient unilatérales ? Je préconise la création d’un collège d’éthique. Pour garantir des règles indiscutables et transparentes, tant pour le sponsoring que pour les événements soutenus par la ville — je pense par exemple à la Formule E.

Dernier exemple : la mairie a enfin décidé d’agir pour mettre fin à la jungle qui règne dans nos rues avec les trottinettes électriques. Nous étions nombreux à le réclamer ! Soyons cohérents et réjouissons-nous ! Et disons notre conception de la politique de déplacements. Je propose qu’une conférence des mobilités associe dès le lendemain des municipales tous les acteurs et 150 citoyens tirés au sort, tant pour créer un consensus sur des décisions d’application immédiate que pour fixer les principes de l’évolution des déplacements à Paris sur dix ans.

Face à la dégradation de leur qualité de vie et à l’explosion du coût de la vie, les Parisiens attendent des réponses concrètes. Ils méritent mieux que des postures ou un Hidalgo bashing stérile. Paris a besoin d’apaisement, pas d’un débat dogmatique ou personnel. C’est bien là le sens de ma candidature : proposer, plutôt qu’opposer, rassembler plutôt que cliver. »