Les Echos

Mardi 4 juin 2019 Par Matthieu Quiret

“Municipales : Renson réclame un été de débat à Paris”

Hugues Renson a écrit ce mardi à Stanislas Guerini pour contester le calendrier de désignation du chef de file de la majorité présidentielle à Paris. Contrairement à Benjamin Griveaux qui veut lancer rapidement la campagne, l’ex-chiraquien cherche à rassembler au-delà « des logiques partisanes » et à débattre avec les Parisiens tout l’été.

Pourquoi contestez-vous la procédure de désignation de la tête de liste parisienne de la majorité présidentielle ?

Le principe d’une commission nationale d’investiture (CNI) est légitime. Je n’ai absolument aucun doute quant à la probité et à l’éthique de ses membres et si certains ont exprimé une préférence pour un candidat, ils se déporteront pour garantir un choix incontestable.

Sur la  question du calendrier en revanche , j’ai fait part à Stanislas Guerini de mon inquiétude. Nous refermons à peine le chapitre des européennes pour entamer celui des municipales. Qu’est-ce qui justifierait une impatience à trancher ? Il serait incongru de se précipiter à choisir, ce qui aurait par ailleurs pour conséquence de pénaliser ceux qui ont voulu être respectueux des échéances et qui ont consacré toute leur énergie à la campagne européenne.

Prenons le temps d’expliquer nos solutions avant de parler de conquête électorale et de stratégies partisanes. Allons à la rencontre des Parisiens. Débattons. Je suis convaincu que la CNI saura écouter la plupart des candidats qui réclament ce temps indispensable. Après l’été, il sera bien temps de constater la vision, la stratégie et la personnalité qui ont reçu un écho favorable auprès des Parisiens.

Quelle stratégie politique proposez-vous ?

Je crois que la clef de la réussite pour les municipales est en réalité très simple : nous ne gagnerons Paris qu’en restant nous-mêmes. Certainement pas en allant débaucher sur la terre des autres. Les accords d’appareil ou les alliances entre partis seraient pour nous contre-nature. Rester nous-mêmes c’est avoir un projet progressiste, solidaire, écologique, c’est porter des propositions disruptives de transformation, c’est faire émerger des idées neuves, portées par des visages renouvelés. Ce qui m’importe, c’est de créer les conditions d’un large rassemblement qui apportera des réponses concrètes aux difficultés que rencontrent les Parisiens. C’est là-dessus qu’ils nous jugeront. Mais la volonté de rassemblement doit nous faire parler à d’autres et je l’assume.

Je tends la main à Gaspard Gantzer et à Pierre-Yves Bournazel. Pas pour ouvrir des discussions d’arithmétique politique. Mais parce que j’ai la conviction que nous pouvons porter des convictions communes.

Quels sont vos soutiens ?

Je travaille depuis des semaines avec des citoyens, des élus, des acteurs socio-économiques, des personnalités. Nous n’en sommes pas au temps des comités de soutien, nous entrons dans celui de l’échange avec les marcheurs et avec les Parisiens.