“Malgré les résistances et les vieux réflexes, la majorité parlementaire avance ” – Le Monde (Tribune)

Le Monde – 11 août 2017

Hugues Renson « La majorité parlementaire avance »
Le député et vice-président de l’Assemblée nationale se félicite de l’action qu’y mène La République en marche, malgré les résistances et les vieux réflexes
Par HUGUES RENSON
A l’issue de la session extraordinaire, l’heure est au premier bilan. Notre majorité a déjà permis au pays d’avancer. Pleinement mobilisée au service des Français, elle veut être à la hauteur de l’espoir que les dernières élections ont suscité.
Grâce à elle, l’Assemblée nationale a d’abord changé de visage avec 72 % de nouveaux députés et, pour le groupe de La République en marche (LRM), cette proportion atteint les 91,2 %.
Elle s’est enrichie de parcours variés. Pour la plupart, ces nouveaux députés ont connu un engagement professionnel antérieur et n’ont pas vocation à faire de la politique une profession. Ils apportent un regard nouveau, une expertise, une appréciation concrète sur des réalités tirées de leur quotidien.
Cette majorité éclot. Elle prend ses marques. Alors bien sûr, beaucoup commentent ses premiers pas et ses supposées hésitations, omettant que notre vie politique a certainement besoin de plus d’expertise sur le fond que d’expérience des arcanes parlementaires.
Ce que ces commentateurs estiment être une faiblesse est en réalité notre force. Nous avons réussi là où ils avaient échoué en faisant que la représentation nationale incarne enfin la diversité de notre société. Nos expertises, ce sont celles des chefs d’entreprise, des artisans, des professions libérales, des enseignants, des fonctionnaires, des agriculteurs, des salariés qui composent notre majorité.
Au fil de séances riches, souvent longues, parfois mouvementées, les députés LREM ont voté des réformes d’une importance majeure pour le pays, des réformes qui ne pouvaient attendre.
Face à ce mouvement, des députés aguerris, briscards de la vie parlementaire, ont tenté de résister. Pour ralentir les débats, pour tester leurs nouveaux collègues, pour freiner ou casser la dynamique de la nouvelle majorité, ils ont usé et abusé d’instruments qu’ils connaissent par cœur – depuis le temps ! : suspensions de séance, rappels au règlement, manœuvres dilatoires, coups d’éclats… N’y prêtons pas trop d’attention, c’est (malheureusement) le jeu parlementaire traditionnel. Celui précisément dont nous ne voulons plus !
Surtout lorsque cette théâtralisation est utilisée pour masquer une opposition réelle à ce qui est proposé : la refonte de notre démocratie.
Face à la résilience de ces héritiers d’un ordre ancien, nous sommes déterminés à poursuivre notre mission pour accompagner le Président de la République dans sa volonté de transformer la France.
Emmanuel Macron avait fait de la modernisation de notre démocratie un pilier de sa campagne présidentielle. Lors du Congrès de Versailles, il a rappelé la nécessité de réformer en profondeur nos institutions : dose de proportionnelle, limitation du cumul des mandats dans le temps, refonte du CESE, droit de pétition, diminution du nombre de parlementaires, culture de l’évaluation. Ces mesures, il nous faudra les mettre en œuvre rapidement.
C’est dans le même esprit que nous avons discuté des projets de loi pour la confiance dans la vie politique. Restaurer la confiance entre les représentants et les représentés, ce n’est pas accessoire. Bien au contraire, c’est un préalable. En un mois, notre majorité a mis fin à des pratiques qui posaient problèmes depuis des années : absence de contrôle autour des frais de mandats, recours aux emplois familiaux, attribution discrétionnaire d’une réserve parlementaire, conflits d’intérêts.
Jamais autant n’avait été fait en la matière en si peu de temps. Jamais personne n’était allé aussi loin dans le souci de transparence, de contrôle et d’éthique de pratiques que nous assumons de juger obsolètes.
Et que chacun s’y prépare, ce n’est que le début.
C’est en effet dans ce contexte que le Président de l’Assemblée nationale François de Rugy vient d’annoncer une vaste réforme visant à rendre notre chambre plus moderne, plus dynamique et plus efficace. Les députés de toutes les sensibilités sont invités à y réfléchir ensemble, au-delà des clivages.
Il s’agira pour nous, fraichement élus, de repenser collectivement notre organisation en acceptant de regarder la réalité en face : Quand il existe un délai de 2 ans entre l’annonce d’une réforme et son application, c’est un dysfonctionnement qu’il conviendra de corriger en accélérant la procédure législative. De même, il n’est plus acceptable que les parlementaires disposent d’un régime exorbitant du droit commun. C’est le sens de l’alignement du régime de retraite des parlementaires sur le régime général. Il nous faudra également renforcer les droits de l’opposition, promouvoir la coconstruction, être davantage attentif au comportement de chacun, et en mettant un terme aux invectives – encore trop nombreuses – dans l’hémicycle. Il faudra enfin définir une véritable politique de développement durable, ainsi que des nouveaux outils, notamment en lien avec la démocratie numérique, pour ouvrir toujours davantage le Parlement aux citoyens et sur le monde.
Les chantiers sont nombreux. Les réformes seront difficiles. Si elles ne l’étaient pas, elles auraient sans aucun doute déjà été faites. On a longtemps dit que notre démocratie était malade. C’est certainement vrai. Au terme de cette session extraordinaire, notre conviction s’en trouve renforcée : la transformation de la France ne peut plus attendre. Notre pays a besoin d’action, de mouvement, de dynamisme, de réformes. Il a besoin de représentants debout, déterminés, motivés. Voulant donner du sens à ce qui est engagé. Nous le sommes ! Avec une ferme volonté d’agir pour remettre le pays En Marche.
Vivement la rentrée !
Hugues Renson
Vice-président de l’Assemblée nationale
Député Paris

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