“Vivre grand, vivre bien à Paris” – Le Parisien/AEF

Tribune – Dimanche 2 septembre 2018

Curieux pays que le nôtre. En cette fin d’été 2018, l’élection municipale de 2020 à Paris accapare déjà l’attention. Statut de capitale, possibilité d’alternance, incertitudes sur les candidats… Tous les ingrédients d’un interminable feuilleton sont en place.

Je suis ainsi régulièrement interrogé sur l’hypothèse de ma candidature. A chaque fois, je réserve la même réponse, qui ne saurait être un « oui » prématuré ni un « non » de résignation, décevant ainsi ceux de mes interlocuteurs que seul le casting intéresse.

Alors je prends aujourd’hui l’initiative de dire clairement mon état d’esprit.

J’aime Paris de tout mon être. J’y suis né, j’y ai grandi, étudié. J’y vis. J’y ai fondé ma famille, exercé mes responsabilités professionnelles. J’y ai inscrit mon engagement citoyen et politique. Rien de ce qui est parisien ne m’indiffère. Et s’il est une conviction que j’ai forgée au fil de ces années, y compris auprès de Jacques Chirac qui connaît si bien cette ville et l’aime tant, c’est que Paris est unique, porteuse d’un message singulier.

Paris, c’est la promesse de vivre grand et de vivre bien. « En même temps ».

De par le monde, des femmes et des hommes rêvent de Paris. Des étudiants, des salariés, des créateurs, des entreprises y convergent. Ses habitants lui sont viscéralement attachés. Et ce n’est pas par hasard : elle parvient à concilier l’attractivité d’une métropole de rang mondial avec un mode de vie fait de culture et d’histoire, de créativité et d’innovation, mais aussi de douce insouciance, de tolérance et de bien-être.

Quand la qualité de vie s’y dégrade, c’est l’identité de Paris qui est mise à mal. Quand son rayonnement scientifique, universitaire, économique s’amenuise, c’est son ambition qui est trahie.

Chacun perçoit les enjeux auxquels Paris doit désormais faire face : s’adapter aux conséquences des bouleversements climatiques, en ne pratiquant ni le déni, ni les expérimentations hasardeuses ; offrir un cadre épanouissant à l’émergence des talents pour faire de Paris un pôle d’excellence de la nouvelle économie ; donner à chacun les moyens d’apprendre, de se cultiver, de mettre à niveau ses connaissances.

Chacun perçoit aussi la nécessité d’apporter des solutions plus efficaces aux questions du quotidien, tout en visant une sobriété budgétaire et financière sans laquelle il n’y a pas de développement économique durable. Il s’agit de permettre aux familles d’y vivre et s’y épanouir, en favorisant les conditions d’accès au logement, à la santé ou aux nouvelles offres de garde, d’adapter la cité au vieillissement – qui doit être vécu comme une chance –, comme au handicap dont nul n’est à l’abri au cours de sa vie, de remettre, évidemment, la propreté de la ville et la sécurité au cœur des priorités. Oui, pour tout cela, Paris devra faire plus. Et mieux.

Et il y a un impératif humain : l’accueil et l’intégration de ceux qui ont fui la guerre et les persécutions, sans leur faire de promesses intenables mais en assumant une responsabilité nourrie de notre histoire et de nos valeurs humanistes.

Pour conjuguer le vivre grand et le vivre bien, nous devrons envisager les projets pour Paris d’un œil nouveau, et les mener en coopération avec l’Etat, la Région, les collectivités voisines.

Voilà ce sur quoi nous devrions nous concentrer dans l’année qui vient.

Par le dialogue avec les habitants et en tirant de leurs expériences une inspiration pour l’avenir. En faisant vivre, aussi, la promesse originelle de La République en Marche, celle de l’engagement des citoyens et du dépassement des logiques partisanes.

Le temps de la campagne municipale n’est pas encore venu. D’ici là, les élections européennes mobiliseront toutes nos énergies, parce qu’il en va de l’avenir de l’Europe, de la France et donc de Paris dont Kundera disait qu’elle est la “capitale de quelque chose de plus que la France”.

Et si l’envie de débattre sur Paris nous démange, que cela soit sur le terrain des idées, plutôt que sur les personnes !

C’est ce qui me guidera dans les mois qui viennent. Parce que l’enjeu, ce n’est pas nous. L’enjeu, c’est Paris.

Hugues Renson,
Vice-président de l’Assemblée nationale
Député de Paris