QAG à Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur les tensions entre la France et l’Italie

Mercredi 12 février 2019

A l’occasion des Questions au Gouvernement, Hugues Renson a interrogé Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur les tensions entre la France et l’Italie, et le nécessaire apaisement.

Les ingérences et les provocations sont inacceptables. Nous devons renouer un dialogue où nos divergences – bien réelles – s’expriment dans le respect.

 Retrouvez ci-dessous la transcription intégrale de la question sur les relations franco-italiennes posée à Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères :

L’Italie est un pays ami, un pays frère. La relation franco-italienne est ancienne, elle est riche. La culture, l’histoire et les échanges économiques lient nos deux pays qui, depuis les débuts de la construction européenne avancent main dans la main.

Or, depuis quelques mois, cette amitié solide et cette communauté de destin sont mises à mal.

Mises à mal par des ingérences, des attaques sans fondement et des déclarations outrancières de la part de plusieurs membres du gouvernement italien. À chaque fois, vous avez condamné ces propos inacceptables.

Mais mardi dernier, M. Luigi Di Maio a franchi un pas supplémentaire en se rendant en France sans respecter les formes ni les usages diplomatiques et en apportant publiquement son soutien à des individus qui avaient appelé au renversement du gouvernement par l’armée. C’est aussi grave qu’inédit.

Face à ces provocations sans précédent dans l’histoire de l’Union européenne, vous avez décidé de rappeler à Paris l’ambassadeur de France.

Si nous saluons cette fermeté, qui est juste, il est nécessaire d’entrer dans une phase d’apaisement, de retrouver un dialogue où nos divergences, réelles, peuvent s’exprimer dans le respect.

Car la coopération franco-italienne est indispensable pour relever nos défis communs. Je pense notamment au défi européen. L’Europe à laquelle nous croyons et qui protège nos peuples ne pouvant être celle des crispations, des tensions ou du repli identitaire.

Alors M. le Ministre, pourriez-vous, dans ce contexte, nous indiquer comment la France compte renouer avec cette relation d’amitié si précieuse et attendue autant en France qu’en Italie ?